Le 25/08/2025 à 17:56:33
Il s'agit de la biographie d'un artiste non-voyant à savoir Doris Valério. On le connaît bien à Niort grâce à sa fontaine monumentale qui orne un rond-point. Il est décédé en 2023 à l'âge de 65 ans. J'avoue que je ne le connaissais pas et c'est toujours intéressant de découvrir sa vie qui n'a pas été facile en raison de son handicap mais également de la pauvreté et de la maladie. Il va aller jusqu'au bout de sa passion pour l'art. Il mènera surtout une vie d'amour et de création. Durant sa jeunesse, il était passionné de voyage au point d'avoir par exemple traversé le désert syrien en moto à 22 ans. Il a été atteint par la suite d'une maladie neurologique qui lui a fait perdre la vue à 30 ans. le thème principal est d'ailleurs d'aborder le handicap. Il s'est alors passionné pour la poterie et la sculpture. Il a très vite montré l'étendue de ses talents. Cela le mènera assez loin puisque le Japon lui décernera en 1998 un prix au salon d'art international sans savoir d'ailleurs que l'artiste était aveugle. C'est dire ! Il y a juste un passage qui m'a laissé perplexe et dont j'ai envie de vous parler. Les parents ont nommé leur fils « Doris ». J'adore ce prénom car c'était celui de ma mère. Cependant, c'est un prénom de fille. Au moment d'inscrire leur fils en colonie de vacances, ils sont surpris de voir qu'il a failli être inscrit chez les filles car ils découvrent soudainement leur erreur. Trop tard pour changer. Je me dis que l'officier d'état civil aurait sans doute pu intervenir mais bon, cela me laisse assez dubitatif sur le choix hasardeux des parents. Certes, ils avaient une petite Dora qui est morte pendant la guerre mais cela ne justifie pas tout. le souvenir d'un enfant disparu peut par la suite avoir de puissantes répercussions. L'autrice a beaucoup insisté sur cet aspect qui va revenir plusieurs fois au cours de cette oeuvre. Elle n'aura de cesse de trouver l'explication et les différents liens qui relie ce prénom au passé sur plusieurs générations en arrière... Un mot sur le graphisme qui est assez appliqué avec un dessin pour le moins expressif. On relèvera surtout une bonne utilisation de la couleur et notamment du rouge. Les illustrations sont réellement de toute beauté. On sent qu'il y a un véritable travail appliqué pour donner le meilleur. Bref, il mérite l'admiration et une BD pour lui rendre hommage. Celle-ci est fort heureusement réussi entre justesse et sensibilité. Il ne reste plus qu'à la lire d'autant que je semble être le premier à l'aviser ! Un dernier point pour préciser que ce récit a été réalisé en 2019 par la femme de l'artiste à savoir Anne-Sophie Servantie ce qui le rend encore plus touchant. Celle-ci a d'ailleurs poursuivi avec un autre titre portant le nom d'une autre couleur. Il s'agit de « la première couleur fut le noir » et cela raconte cette fois-ci sa propre histoire avec des blessures d'enfance plutôt graves s'agissant d'inceste.BDGest 2014 - Tous droits réservés