Le 14/01/2026 à 17:54:51
Paysans : le champ des possibles de Marie Jaffredo est une bande dessinée profondément humaine et actuelle, qui donne la parole à celles et ceux qui tente de réinventer l’agriculture d’aujourd’hui. À travers des témoignages sensibles et sincères, l’autrice montre la diversité de ces nouveaux parcours paysans : reconversions, choix de vie, doutes, réussites, contraintes économiques et espoirs. La BD aborde des questions essentielles — écologie, transmission, rapport à la terre, sens du travail — sans jamais être moralisatrice. Chaque récit laisse place à la nuance, à l’hésitation, à l'expérimentation, à l’humain. Le dessin de Marie Jaffredo joue là un rôle essentiel : des traits à la fois simples et vibrants, des visages expressifs, des couleurs pastels, des paysages qui respirent. Ce choix graphique crée une lecture apaisante et immersive. On ne survole pas les histoires : on s’y installe. Le dessin et la couleur donnent le sentiment d’entrer dans l’intimité des personnes rencontrées, avec respect et délicatesse. On sent le vent dans les champs, la fatigue dans les corps, mais aussi l’attachement profond à la terre. Les silences, les regards, ou les gestes du quotidien disent parfois plus que les mots. Cette BD m'a touché parce qu’elle parle de racines, de liens et de choix de vie. Elle se lit comme une promenade attentive au cœur de ce nouveau monde paysan qui tente de se réinventer, et laisse en refermant l’ouvrage une impression douce et durable : celle d’avoir rencontré des personnes et un futur possible, pas seulement des personnages. Sur le style de la BD elle même : Le trait Le dessin de Marie Jaffredo est fin, souple et très expressif. Le trait n’est jamais rigide : il accompagne les émotions, les gestes, les postures. Les visages sont particulièrement travaillés, avec peu de lignes mais beaucoup de justesse, ce qui permet de saisir rapidement la fatigue, la détermination, la douceur ou les doutes des personnages. Il s’agit d’un dessin réaliste sans être figé, presque esquissé par moments, qui donne une impression de proximité et d’authenticité. La mise en couleur La couleur est douce, naturelle et lumineuse, souvent composée de teintes chaudes et terreuses : ocres, verts, bruns, bleus légèrement délavés. Elle évoque les saisons, la lumière des champs, le rythme du vivant. La mise en couleur n’est pas envahissante : elle accompagne le récit avec subtilité, laissant respirer les planches et renforçant l’atmosphère plutôt que l’effet spectaculaire. Le style graphique Le style est à la croisée du documentaire et du sensible. On est ici dans une BD de témoignage, mais portée par un regard artistique très attentif. La narration visuelle privilégie les temps calmes, les silences, les scènes du quotidien : un regard posé sur un paysage, un geste répété, un moment de pause. C’est un dessin qui prend le temps, qui observe et qui écoute, en parfaite cohérence avec le sujet qu’il traite.Le 19/01/2024 à 07:41:50
Marie-France Barrier est une célèbre réalisatrice de documentaire qui a parcouru notre planète malade. Elle a réalisé « Le champ des possibles » en 2017 puis « Le temps des arbres » en 2020. Dans cette version BD qui est le prolongement, elle nous partage sa solidarité envers le monde agricole en pleine mutation. Bref, elle a toute sa place dans cette collection « témoins du monde » que je commence à aimer sérieusement après des titres comme « Tropiques toxiques » ou « Profession solidaire – Chroniques de l'accueil » ou encore « MBS » que j'aviserai prochainement. La grande idée est qu'il ne faut plus du tout labourer les champs pour les récoltes ou détruire les haies mais laisser toute sa place à la nature qui fait bien les choses toute seule. C'est un peu comme Adam Smith qui disait qu'il fallait laisser librement agir le marché (laisser-faire, laisser-aller). Bref, il faut le moins d'intervention humaine dans le processus naturel. Oui, je demande à voir le résultat sur le long terme en espérant que la famine sera vaincue. L'autrice interroge alors divers agriculteurs qui ont décidé de changer de méthode pour adopter ces démarches qui sortent du lot et qui présentent de sérieux avantages pour la nature. Je ne sais pas si je suis totalement convaincu mais j'écoute leur témoignage ce qui constitue un premier pas. Maintenant, je n'irai pas jusqu'à enlacer les arbres pour leur faire des câlins comme c'est montré de façon assez sérieuse dans cette BD dans une ode à l'amour pour Gaïa. Je crois que j'aurais trop peur des insectes qui pullulent. Désolé, je ne peux pas ! Cette BD est résolument optimiste pour nous montrer qu'une autre voie est possible afin de sauver la planète. En cela, c'est une belle initiative qu'on ne peut que saluer.BDGest 2014 - Tous droits réservés