Résumé: Nelson, c'est l'insupportable diablotin qui vient s'incruster dans la vie de Julie, une jeune et jolie célibataire, et de Floyd, un labrador engourdi.
Mais attention, personne n'est à l'abri de cette malédiction orange!
Nelson a largement assez de défauts pour dynamiter le quotidien de tous les infortunés qui croisent son chemin.
''Des plus petits aux plus grands, tout le monde succombe à la malice de Nelson.'' - Ouest France.
A
vec Nelson, une journée tranquille peut rapidement virer à la catastrophe.
Calamité ambulante à l’imagination débordante, Nelson poursuit inlassablement sa mission préférée : transformer la vie de Julie en parcours du combattant. Dans Piégé comme un rat, 28ᵉ recueil de la série imaginée par Christophe Bertschy, le diablotin orange continue d’exercer son talent très particulier pour provoquer désastres, malentendus et situations parfaitement incontrôlables.
Tout commence pourtant tranquillement, devant la télévision. Julie et Nelson apprennent qu’un coq des Galápagos – dernier représentant de son espèce – vient d’être enlevé dans un zoo. L’affaire mobilise la police entière… et amuse beaucoup le duo, jusqu’au moment où le portrait de la ravisseuse apparaît à l’écran. Le rire se fige immédiatement : la suspecte ressemble étrangement à Dolores, la sœur de Julie. La suite ne tarde pas à confirmer leurs craintes, puisque l’animal est découvert… dans la baignoire de l’appartement.
Commence alors une gestion de crise à la hauteur du locataire des lieux. Entre les consignes alimentaires et les informations que Nelson se dépêche de consulter sur la production très spécifique d’excréments de l’oiseau, les choses tournent rapidement au vinaigre. Floyd, le labrador de la maison, en fait d’ailleurs les frais en découvrant un peu tard que certaines boulettes brunâtres ne sont pas exactement des corn-flakes au chocolat.
La mécanique comique reste fidèle à ce qui fait le succès de la série depuis sa création en 2001 dans le quotidien suisse Le Matin. Aujourd'hui, la barre des 5 000 strips est largement franchie. Les gags s’enchaînent, généralement en trois ou quatre cases, avec parfois un fil conducteur qui traverse plusieurs pages. Ici, l’affaire du coq sert de colonne vertébrale à une succession de quiproquos qui ne cessent de prendre de l’ampleur. À chaque tentative de solution, Nelson parvient à compliquer davantage la situation – un don qui semble chez lui parfaitement naturel. L’album multiplie également les rencontres avec les victimes habituelles du chenapan infernal : collègues de bureau, policiers, employés divers ou simples passants.
Graphiquement, le style de Christophe Bertschy demeure volontairement épuré. Les décors sont souvent réduits au minimum et l’arrière-plan se résume fréquemment à une couleur unique. Cette simplicité, réalisée avec un dessin qui met l’accent sur l’essentiel : le rythme du gag et l’expressivité des personnages. L’innocence apparente de Nelson contraste alors délicieusement avec l’ampleur des dégâts qu’il provoque.
Après plus de vingt ans d’existence, le polisson orange continue de prouver qu’il reste une source inépuisable de chaos domestique. Piégé comme un rat ne déroge pas à la règle : Julie tente de garder le contrôle, Floyd subit stoïquement les conséquences… et Nelson, lui, démontre une fois encore qu’une bérézina bien menée commence souvent par une très mauvaise idée.