Le 28/01/2026 à 20:08:49
Cet album attire l'œil car il est de bonne qualité. Tranche toilée et une belle couverture avec un synopsis qui donne envie. Une BD qui nous emmène dans le Japon rurale féodale... chouette alors ! Oui mais ce fut une déception à la lecture : graphiquement on est trop dans la nuit, tempête de neige et du coup pas de détails ce qui est vraiment dommage. Je pensais, à la vue du scenario avoir une atmosphère avec de l'action, du suspens, retenant mon souffle et.... ben non, rien de tout ça, on s'ennuie presque. De plus il y a des choses qui ne passent pas... un garçon qui ne sait pas manier le katana qui réussi à tuer un grand samouraï ... ça ne passe pas. En résumé, je suis très déçu.Le 26/01/2026 à 11:25:16
Toujours intrigué de savoir comment sont sélectionnés les albums édités par le « petit » éditeur Ankama, on voit débarquer en ce mois de janvier de sacrés cadors de la BD avec un esprit rock’n’roll qui ne transparaîtra guère sur ce conte issu d’une chanson japonaise. Neige de sang est en effet une vieille histoire écrite par le journaliste geek et artiste touche à toutRurik Sallé, fin connaisseur du Japon où il a vécu. Il apporte ainsi une authenticité palpable dans les planches de ses associés sur ce projet, son ami le scénariste chevronné Corbeyran qui amène dans l’équipage un autre pote, Jef. Il est plutôt surprenant de voir ces deux grands auteurs transcrire la société rurale japonaise dans ce huis-clos intimiste pas très loin de l’univers de Stephen King. Prenant pour témoin un jeune couple autour de la figure rassembleuse de la tenancière d’auberge, ils vont analyser les réactions classiques des habitants dans la panique de cette nuit blanche bientôt agrémentée de sang. L’alliance du fantastique et du conte tragique japonais est original même si l’on peut s’interroger sur sa pertinence. En effet, l’album propose une agréable progression dramatique mais patine un peu dans le blizzard lorsqu’il s’agit de passer la seconde étape avec l’arrivée des fantômes. Aussi à l’aise dans les atmosphères et les gros plans que dans les séquences d’action, Jef nous offre une partition sans faute, bien plus inspirée que sa récente Mécanique où il se perdait quelque peu dans les méandres tentaculaires d’une cité infinie. Ici il joue sur les ombres de cette nuit bleutée par la neige et croque d’agréables décors orientaux dans une reconstitution très convaincante. Scénaristiquement parlant l’auteur du Chant des Stryges maîtrise également son sujet, faisant monter une tension psychologique à mesure que les cadavres s’empilent, alors que les habitants se plongent dans une paranoïa à la recherche du coupable idéale. Avec des découpages dynamiques et adaptés, des personnages attachants et un mystère bien tenu, Neige de sang a beaucoup de cordes à son arc. Le problème c’est bien l’histoire de Rurik Sallé, trop classique pour attirer la tension et dont la fin semble expédiée un peu vite malgré la gestion courageuse du drama. Sans doute un peu court en pagination pour réellement prendre le temps d’installer une atmosphère, on a le sentiment d’avoir lu une fort belle bande-annonce sans réelle implication émotionnelle, faute de temps en compagnie des personnages. Sallé utilise la malédiction ancienne comme un couteau suisse sans justification, l’histoire juxtapose une belle idée de huis clos avec des fantômes qui débarquent sans raison rationnelle. Au moment du choix l’absence totale d’explication laisse un peu sur sa faim. On gardera alors des planches inspirées et l’exotisme du japon 70’s et un optimisme tout oriental. Un album iconoclaste et plutôt élégant faute de convaincre complètement. Lire sur le blog: https://etagereimaginaire.wordpress.com/2026/01/26/neige-de-sang/BDGest 2014 - Tous droits réservés