Résumé: Dans la neige finlandaise, un tireur solitaire traque ses ennemis...et les souvenirs qui le hantent.
Au nord de la Finlande, un fantôme rôde sur les lacs gelés. Riku, surnommé « Mort Blanche », traque en silence, marqué par des années de guerre et par des traits indélébiles sur son visage, vestiges de son enfance brutale.
Dressé à ne jamais cligner des yeux, il a grandi entre la violence de son père et la douceur de Lümi, la voisine, qui lui a appris à observer la vie plutôt qu'à tuer. En 1939, l'invasion soviétique le précipite dans une guerre où il devient un tireur invisible, effaçant ses traces et semant la peur dans les forêts enneigées.
Des décennies plus tard, alors que la glace se fissure, Riku doit choisir : rester la légende vivante qu'il est devenu... ou revenir au monde des vivants.
E
n novembre 1939, l’URSS envahit la Finlande. Durant les quelques mois du conflit, Riku sèmera la mort dans les rangs soviétiques, mais sa guerre à lui se poursuivra au-delà du printemps…
S’inspirant, pour partie, de la vie de Simo Häyhä, tireur d’élite finlandais durant l’invasion des troupes russes lors de la guerre d’Hiver, Kid Toussaint revient sur ce qui peut pousser un adolescent sans histoire à devenir un sniper redouté. Librement inspirée de la réalité, la vie de Riku serait presque banale si, pris dans l’engrenage des combats, son existence ne lui échappait pas peu à peu pour qu’en fin de compte, plus rien ne le rattache à son passé. À cet instant, l’album pourrait prendre fin, si le récit proposé ne venait rejoindre le destin, tout aussi (ir)réel, d’Hiroo Onoda, soldat japonais retranché dans la forêt des Philippines depuis 1944 et qui n’a rendu les armes qu’en... 1974, tuant entre-temps plus d’une trentaine de personnes. La Mort Blanche est donc l’histoire d’une lente dérive et d’une perte des repères liées à un isolement forcé, sans haine ni passion, mais qui entraîne ses victimes dans une spirale psychologique occultant tout discernement.
Pour accompagner ce récit, Inaki Holgado développe un dessin semi-réaliste dans lequel le sang et la mort sont omniprésents, mais qui ne cherche pas pour autant les grands effets ; l’important n’est pas dans les combats, mais dans les traces qu’imprime cette guerre. L’ensemble, bien équilibré est parfaitement lisible, notamment grâce aux couleurs de Raphaël Bauduin et Anaïs Blanchard, qui rendent l’ensemble plausible à défaut d’être crédible.
Basé sur des faits réels, La Mort blanche demeure toutefois une fiction… des plus improbables sous nos latitudes !