Résumé: Dans un futur lointain, l'empire aux mille planètes est devenu réalité et les différentes civilisations extraterrestres cohabitent dans un monde devenu universel. Sur terre, la culture s'est uniformisée, standardisée pour plaire au plus grand nombre, une culture aseptisée et digérée par une IA surpuissante. Par ailleurs, une police culturelle traque impitoyablement les oeuvres du passé afin de les conserver en sécurité dans un endroit hors de portée du commun. Un groupuscule d'activistes tente de soustraire ces chefs d'oeuvres artistiques pour montrer qu'il existe une autre forme de culture... alors qu'ils sont poursuivis par les forces de l'ordre, ils cachent un buste de jeune femme du XVe siècle. Celle-ci est découverte par un robot, simple professeur de sport au collège qui, contre toute attente, troublé par cette oeuvre d'art, décide de ne pas la rendre et de la protéger. Il devient alors un fugitif... Hugues Micol nous livre une réflexion très actuelle dans ce récit qui mêle la mainmise de l'IA sur la création, une action débridée et drôle, et mille références à la pop-culture. Dessinateur et illustrateur hors pair, Hugues Micol fait vivre ce monde du futur avec virtuosité dans des pages en couleurs directes spectaculaires !
L
e Canon règne sur l’ensemble des mondes de la galaxie et la croissance est devenue l’opium des peuples. Seuls quelques improbables réfractaires s’essaient à résister à cette conscience numérisée en traquant, à travers l’espace, les derniers vestiges d’une société ancienne qui, grâce à un procédé nommé ART, transcendaient la matière en émotions.
Portée par une réflexion quasi philosophique, Mimèsia n’est pas une bande dessinée qui se lit par-dessus la jambe, sous peine de ne lui trouver qu’un intérêt limité. Les questions qu’elle soulève relèvent de l’existentiel et résonnent avec une acuité d’actualité : la conscience numérique, la croissance entropique, la nécessité de l’Art… et mille autres choses encore ! Tenter de traiter le tout en une soixante-dizaine de pages relève de la gageure et demande, de la part du lecteur, une certaine empathie. Très vite, il apparaît que l’album ne suffira pas et qu'à vouloir embrasser ce que d'aucuns ont mis toute leur vie à définir, les risques de déception, voire de frustration seront inévitables… et ils le sont ! Après, se pose la question de la forme. Le récit de science-fiction, vu la temporalité, est une évidence, mais le traitement qui en est fait, malgré un souci de créativité, montre des limites incompatibles avec l’immensité du sujet et des ambitions qu’il porte. Ici, il est plus question de spectacle de marionnettes que d'épopée intergalactique. Certains souligneront l’audace et la maestria de ces planches à la gouache et à l’aquarelle, d’autres trouveront le résultat improbable, extravaguant et finalement trop décalé.
Album entre deux eaux rempli de quelques fulgurances, Mimèsia s’avère comme ce vin imaginé complexe et puissant mais qui se révèle, une fois en bouche, trop confus et déséquilibré pour ne pas être oublié.
La preview
Les avis
Pulp_Sirius
Le 19/02/2026 à 16:48:00
J'aime bien Hugues Micol, mais ici, la sauce n'a pas pris pour moi.
En positif, l'univers foisonnant d'inventivité, et les dessins. On y retrouve de très belles planches de l'espace, par exemple. Par contre, le scénario est beaucoup trop léger. Une sorte d'I.A. qui a uniformisé toutes les races de l'univers veut garder le contrôle, tandis que des réfractaires veulent préserver l'histoire humaine, en particulier les œuvres d'art, ce que l'I.A. trouve dangereux. S'ensuit une chasse à l'homme pour détruire un buste de marbre, qui représenterait selon l'I.A. la « sensibilité » et tout le tralala. On a déjà vu ça souvent, comme récit.
Micol injecte beaucoup de comédie à son récit, en commençant par l'emploi de termes désuets, gentillets et enfantins en guise d'humour. Exemple : « Il est mort, c'est enquiquinant. » Ou des jurons inoffensifs comme « sapelotte », etc. D'ailleurs, l'agencement des cases est parfois un peu confus, ce qui gêne la lecture.
C'est une belle histoire à regarder, mais son propos, déjà lu et entendu souvent ailleurs, traité de manière superficielle, ne fait pas de Mimésia une BD indispensable, malheureusement.