Le 03/03/2026 à 23:40:07
Très bonne critique de Krompir. On retrouve les thèmes classiques de Jacques Martin dans cette BD : personnage efféminé, une Antiquité mise à nu et des conflits sous forme de complots ou de batailles. Le dessin est fidèle aux Alix, et que ce soit scénaristiquement ou "illustrativement", j'ai d'ailleurs cru revoir Enak à travers Kéos. Mais Kéos n'a pas vraiment la stature d'un héros. Il bénéficie de la protection de personnages puissants, et ne s'affirme que très rarement - les deux seules cases où il pique une colère surprennent, tant ça paraît ne pas correspondre à sa personnalité. Au final, il se trouve toujours au bon endroit au bon moment pour suivre le cours des événements - toujours sous l'aile protectrice d'un personnage plus âgé. La BD reste néanmoins sympathique pour découvrir l'Égypte par le biais de certains lieux emblématiques, sublimés par un beau coup de crayon. À noter une dualité Osiris / Yahweh, qui aborde le thème de la religion via une opposition entre un dieu égyptien et judo-chrétien. Qui, parfois, semble être d'ailleurs le même dieu (ou un dieu voisin), en fonction du point de vue des personnages ou du lecteur. Cette dualité se veut l'occasion de réunir fantastique, religieux et historicité, avec fond de personnages historiques (Moïse, Mineptah, Aaron et Osiris) et pouvoirs mystiques (Osiris, Yahweh - qui accordent tous deux des pouvoirs à leurs protégés) - ce qui est assez original pour un album de Jacques Martin.Le 22/03/2020 à 09:55:36
La critique de Krompir est tout à fait juste. Au début des années 1990, Jacques Martin, qui a 70 ans, se lance dans trois nouvelles séries: Arno, Kéos et Orion. Est-ce parce qu'il sent que l'inspiration le fuit pour ses trois séries majeures, et qu'il espère ainsi se renouveler? Toujours est-il que le résultat n'est pas à la hauteur. Les dialogues et récitatifs grandiloquents et pontifiants, qui passaient bien dans Alix grâce à des histoires solides et à une maîtrise scénaristique aboutie, tombent ici à plat et ne font qu'alourdir un scénario poussif. Le naufrage est évité grâce au travail de Pleyers, déjà épatant avec la série Jhen. Mais si un mauvais dessin peut ruiner une bonne histoire, un dessin magnifique ne transformera jamais une histoire médiocre en chef d’œuvre de la bédé… Malheureusement, après 5 années de tâtonnement créatif, le retour de Jacques Martin à ses trois séries phares (Alix en 1996, Lefranc en 1997, et Jhen en 2000) ne feront que confirmer la triste vérité: le maître a perdu sa verve créative… il eût mieux fait de s'arrêter…Le 01/05/2012 à 12:32:17
Tous les poncifs de Jacques Martin sont réunis dans cette mini-série :BDGest 2014 - Tous droits réservés