Le 30/03/2026 à 08:35:38
Avec "Le journal de mon père", Jirô Taniguchi touche à nouveau à des thématiques qui lui sont chères : les liens familiaux, le passé, les souvenirs, le développement personnel. On y retrouve une fiction qu'on pourrait presque présentir comme une autobiographie, tellement c'est bien écrit et semble emprunt à la réalité. Le post-face à la fin du 3ème tome confirmera une partie de l'affection de l'auteur pour la ville de Tottori. Dans sa structure, "Le journal de mon père" se distingue en 3 tomes. Suite au décès de Takeshi, le père de Yoichi qui a maintenant la cinquantaine, ce dernier retrouve sa famille après une séparation de longue date : l'occasion de faire une rétrospective sur les liens que Yoichi a tissé avec son père, être mystérieux, souvent absent dont les souvenirs restent flous et assez peu nombreux. Jirô Taniguchi jouera sur les atmosphères du présent et des flashbacks pour donner de l'épaisseur à ce récit, avec un schéma classique de narration. Cette sensibilité dans le dessin et la narration, cette lenteur assumée et se rapprochement au cœur de la culture et la vie au Japon permet au récit d'y plonger pleinement, par exemple avec la veillée funèbre avant les obsèques de Takeshi, une coutume que je ne connais pas. Les dessins de Jiro se reconnaissent rapidement d'une série à l'autre, mais j'ai trouvé dans le trait de cette série, un peu plus de rondeur dans les personnages, ce qui me plait un peu moins qu'a l'accoutumé. Cependant, le mouvement et les expressivité en font toujours une vrai réussite, Jirô arrive à faire ressortir certaines émotions facilement à ses personnages par sa manière de raconter et fixer le temps, même s'il n'y a rien de transcendant dans ce récit de vie. Si vous aimez Jirô Taniguchi, vous apprécierez la forme qu'il donne à la série "Le journal de mon père", cela reste une belle histoire qui montre l'ambivalence de l'homme dans ses choix et ses croyances, c'est touchant.BDGest 2014 - Tous droits réservés