Le 24/01/2026 à 15:06:41
Paul Gillon s'est beaucoup investi dans cet album imaginé dès les années 60 et finalisé 30 ans plus tard. Enorme documentation historique, retour à des dessins majestueux sur des planches immenses (65cm x 85cm) mais malheureusement il s'est heurté à deux écueils fatals. Le 1er écueil est d’avoir cru pouvoir faire tenir une histoire de Jeanne d’Arc en une centaine de planches. 100 planches c’est beaucoup, mais bien trop peu et l’on est un régulièrement frustré par des accélérations soudaines de l’histoire ou par des batailles célèbres résumées en une seule planche, voir seulement quelques cases. Le 2nd écueil est celui du passage d’un érotisme d’ambiance à un érotisme d’action. Gillon est un maitre dans l’expression d’un érotisme de situation, dans laquelle l’ambiance, la sensualité et l’expressivité des personnages féminins est clef, mais il apparait moins à l’aise dans l’expression d’un érotisme d’action qui imbrique des corps et des anatomies au-delà des visages. Il en résulte des pages érotiques un peu gauches, la grandeur des cases accentuant les approximations anatomiques et rendant les scènes plus lourdes que légères. Cet album reste pour autant attachant par sa qualité historique et par le talent de dessinateur de Gillon qui confiera plus tard à BoDoï « . Je m’étais bien documenté, lu une douzaine de livres. Graphiquement je m’étais défoncé.»BDGest 2014 - Tous droits réservés