Le 16/03/2026 à 12:01:40
Servais met ici en cases, en 1981, un de ses premiers scénarios. La série "Tendre Violette" qui parait dans (A SUIVRE) est imaginée par Gérard Dewamme, et il vient commencer à publier dans TINTIN les chapitres qui composeront l'album "La Tchalette". Ces trois œuvres tendent à se rapprocher, car on y aperçoit les thématiques qui formeront le terreau des créations ultérieures de Servais. A commencer par le fantastique emprunté au folklore populaire, dans lequel il a baigné enfant auprès de sa grand-mère ardennaise de la Gaume. Toutefois ici on se trouve plongé dans le féérique, à l'instar de sa BD qui paraitra en 1983 dans TINTIN, "Isabelle". On ne parle pas de la bonne fée sympa avec sa petite baguette, mais d'un personnage cru, avide de domination, qui désire être seule aimée des hommes, aspire à les soumettre à son charme... Le jeune baron de Boisier, révolté contre sa famille et sa classe, tombera dans les rets d'Iriacynthe la légendaire. La folie l'emporte. Il devra sa survie à d'autres femmes, qui useront d'une autre magie, celle du pays d'Achouffe, du cœur des Ardennes, celle aussi d'un autre ardennais, Pierre Dubois l'elficologue. Pour le délivrer d'un mal qui provient finalement de sa propre famille et d'une autre sorcellerie... Une BD agréable à lire, un peu rapidement, certes. Un manque de consistance, mais dû aux conditions de l'édition d'alors, quand l'album se composait de 44 ou 48 planches.Le 27/01/2026 à 22:44:53
La très belle couverture de l'édition de 2004 aura piqué ma curiosité, "Iriacynthe" est une jeune femme errante mi-fée, mi-femme qui envoute ses proies masculines au point de les rendre fous. A vrai dire, je n'ai pas vraiment été envouté par ce one shot qui regroupe le savoir faire de Servais en terme de récit, entre nature et histoires fantastiques, mais dont les personnages sont très fragiles et n'arrivent pas à porter la force du récit. Ainsi, cette chère "Iriacynthe" parait bien fade et par delà un corps juvénile n'alimente pas le récit de manière à rendre le personnage intéressant. Pourtant maudite par le biais de ses géniteurs, elle fait preuve d'une certaine douceur, même si elle cherche à mettre à mal son prochain. Hormis une tête décapitée en plein milieu du prologue, le reste du récit reste doux et bien trop gentillet. Les illustrations bien que travaillées sont plutôt froides, elles montrent les débuts d'un grand illustrateur, mais le trait est encore rigide et les personnages figés. La couleur est également froide avec un rendu moyen, cela manque d'harmonie. De même que les personnages ne se distinguent pas suffisamment les uns des autres. Nous avons tous les ingrédients d'un Servais (campagne, fantastique, femmes envoutantes), mais le récit est fébrile dans la lecture et la bande dessinée manque de dynamisme avec une conclusion qui n'apporte pas non plus sa pierre à l'édifice.BDGest 2014 - Tous droits réservés