Le 13/11/2025 à 19:51:10
Manchette est l’un de nos plus grands auteurs de roman policier. Tardi est l’un de nos plus grands de la BD tout court. Forcément, cela fait des étincelles lorsque les deux s’unissent. Un plaisir véritable de roman visuel bien noir et bien cracra. Aucun personnage n’est bon. Ici, nous assistons à tout ce que peut être la lie de l’humanité. Narrativement, tous les ressorts fonctionnent incroyablement. Et l’ambiance est d’un glauque absolu. Manchette sait trifouiller là ou l’humain est le plus moche. Tardi sait peinturlurer de noirs et de blanc là où c’est laid. Ce Paris ci, personne n’en voudrait. Sauf que les auteurs vont au plus profond du roman noir. Cette BD en est une quintessence parfaite. Tout y est dans le rythme, les personnages, les atmosphères, les rebondissements jusqu’au final dans les poubelles. Manchette n’aimait guère l’humain (et il avait bien raison…) Reste un détail, une pensée. Ce Griffu là n’est-il pas un prologue à la série des Nestor Burma du côté de Tardi ? Car, tout y est aussi. Un Paris détaillé au millimètre (mais pas la même époque), des rues qui puent le noir et blanc viscéral, Une secrétaire, Un détective qui porte sur lui, comme un manteau, le nihilisme le plus abscons, des déambulations dans les rues avec des affiches du temps qui passent, des voitures et des troquets…Tout y est, avant l’heure du 1er épisode chez Nestor vu par Tardi. Sauf qu’ici tout fini mal comme un bon vieux polar de la série « Série noire » de chez Gallimard.Le 09/07/2024 à 13:54:42
L’intrigue en elle-même n’a qu’un intérêt limité : Griffu est conseiller juridique et il se retrouvera embrigadé dans une sombre histoire de magouilles, où les coups de feu seront aussi nombreux que les coups bas. C’est plus au style littéraire de Patrick Manchette que tient l’originalité de ce récit : le personnage, à grand renfort de voix off et de dialogues percutants, s’exprime dans un français teinté d’argot parfaitement réjouissant. Autre particularité, les différents personnages sont tous plus ou moins des crapules, même le soi-disant héros. Ils se démènent dans un univers d’une grande noirceur, illustré par Tardi dans son style éminemment reconnaissable. L’atmosphère qui s’en dégage prend aux tripes et sert le côté sombre de l’histoire. Au rang des maîtres du polar, le duo Tardi/Manchette tient une place de choix. Griffu en est la preuve ; un album à savourer pour ceux qui n’aiment rien tant qu’une plongée un brin sordide en milieu urbain.Le 05/12/2020 à 20:59:50
Je suis plutôt étonné par le fait que je note aussi bien un one-shot datant de 1977. Généralement, je trouve le graphisme de ces vieilles bd ainsi que les récits très dépassés. Or, je n'ai rien ressenti de tel dans cette lecture. Nous avons un polar avec tous les codes du genre mais qui se tient et qui a plutôt bien vieilli. J'ai même apprécié tous les détails qui rappellent incontestablement le Paris de la fin des années 70 (les affiches de film et de publicité genre "la vache qui rit", le tourne-disque...). Les dialogues ainsi que l'intrigue sonnent très actuels. Griffu est incontestablement un anti-héros moderne comme on en voudrait de temps en temps.Le 06/11/2017 à 22:00:49
Sans doute le meilleur polar en BD de l'époque. Contairement à un avis précédent, ce n'est pas une adaptation de polar puisque Manchette est ici scénariste et n'a jamais écrit de livre éponyme. L'ambiance est glauque à souhait et le dessin de Tardi est au niveau de l'époque (Ici même avec Forest par exemple). Indispensable.Le 20/05/2008 à 19:23:28
Avec cet album Tardi se lance pour la première fois dans l'adaptation d'unBDGest 2014 - Tous droits réservés