Le 18/01/2026 à 11:01:27
Un recueil dans lequel Garth Ennis applique à Fury le traitement qu’il destine au Punisher depuis la fin des années 1990. À tel point que l’on peine à reconnaitre le dirigeant du S.H.I.E.L.D. dans ces deux mini-séries (Fury 2001, #1-6 et Fury: Peacemaker 2006, #1-6). Dans la première, publiée en VO sous le label Max Comics, un Fury vieillissant abandonne sa vie d’employé de bureau et retourne sur le terrain pour y massacrer quiconque se mettrait en travers de ses idéaux. Point de stratégie, chaque page donne lieu à une scène violente, raciste ou sexiste et, même pour l’époque, ça ne devait pas paraitre particulièrement subtil. Avec ses gros muscles, ses gros flingues, sa vulgarité et son idéologie digne de la guerre froide, c’est Rambo en plus bête. Dans la seconde mini-série, publiée en VO sous le label Marvel Knights, l’auteur nous raconte une séquence de la jeunesse de Fury, entre la Tunisie et l’Allemagne, durant la Seconde Guerre mondiale. Comme la précédente, cette seconde histoire n’a rien de bien subtil à raconter à ses lecteurs. Ceux-ci n’auront droit qu’à un vague complot nazi et à une énième variation sur la raison pour laquelle Fury a perdu l’usage de son œil gauche. Bref, une vingtaine d’années ont passé depuis la publication initiale de ces séries et cela se ressent. Outre l’aspect daté, Ennis ne parait même pas avoir compris le caractère de son personnage tant il en fait un gros bourrin qui ressemble plus à Frank Castle qu’à Nick Fury. Quant au dessin de Darick Robertson, constant sur les douze épisodes et avec qui Ennis créera The Boys en 2006, il est dans la même veine que le scénario. Au contraire de la jolie couverture de Bill Sienkiewicz qui promeut l’album, le trait est grossier et ne m’a jamais plu.BDGest 2014 - Tous droits réservés