Résumé: Un conte sombre où une étrange fratrie affronte différents monstres, à commencer par leur propre père... Pour son anniversaire, Aliénor reçoit un cadeau unique de la part de son père inventeur : un petit frère au corps de métal. Ce n'est pas au goût de la jeune fille, malade depuis des années, qui espérait un autre présent. D'autant plus que le jouet se nomme Blaise, comme son petit frère qu'elle n'a jamais connu, et qu'il aurait même une âme, d'après les dires de l'inventeur. Affublée du garçonnet, Aliénor continue sa vie jusqu'au jour où elle découvre avec horreur la vérité sur sa soi-disant maladie. Les deux enfants fuient alors dans les profondeurs des bois, loin de leur père, mais où les fantômes, les goules et surtout les secrets les attendent...
A
liénor vit en compagnie de son père, inventeur. Ce dernier lui fait l'école à la maison, mais la jeune fille parvient à s'échapper régulièrement afin d'aller sur la tombe de sa mère et de son frère. Elle s'ennuie un peu et parle de temps en temps avec sa voisine Clara. Le jour de son anniversaire, elle reçoit un cadeau inattendu qui la déboussole : Blaise, un être de métal prénommé comme son petit frère décédé. Elle le rejette malgré l'affection du garçonnet, jusqu'au jour où la colère va lui faire commettre un acte irrémédiable. C'est à ce moment-là que son père agit, lui révélant sa véritable nature. La stupéfaction et l'horreur de cette découverte poussent les enfants à fuir leur créateur et à s’enfoncer dans la forêt...
Pour créer son intrigue, la scénariste a su faire fonctionner ensemble les techniques du conte ainsi que les rouages présents dans les récits de quête initiatique. Le ton enjoué du début d'album laisse rapidement la place à une ambiance plus sombre et pesante. Chacun comprend progressivement que quelque chose cloche dans la vie d'Aliénor. Impression confirmée par une première révélation, qui amène les deux protagonistes principaux à prendre la fuite dans la forêt. Là, ils rencontrent Jacques qui traque les fantômes. Le scénario change alors de rythme et de registre, basculant légèrement dans le surnaturel pour mieux tromper le lecteur, puisque le dernier quart de l'histoire revient sur l'identité des enfants, avant d'exposer l'affrontement avec leur père. Parallèlement à cela, l'autrice aborde la question du deuil, de l'acceptation, de la famille et de la résilience.
La dessinatrice allie de belle manière les emprunts au Steampunk, au manga et à la BD franco-belge. À l'instar des décors, ses personnages bénéficient d'un aspect réaliste, particulièrement en ce qui concerne les expressions du visage. La colorisation est efficace et contribue aux différentes ambiances du récit.
Avec Les enfants du bois, Andrea Casaran signe un récit du genre Young adult palpitant et maitrisé qui ravira les ados et les jeunes lecteurs.