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n peu d’autofiction, avec de l’aide pour commencer (Hey June), puis en solo (Magical Mystery June). Ensuite, un témoignage sur un problème de santé (La boulonichon). Evemarie tente maintenant le double salto avec L’école est finie, un album autobiographique classico-classique. Le point commun à ses œuvres ? Énormément d’humour et d’autodérision. En revanche, pour ce qui est de l’originalité ou de la prise de risque narrative, c’est une autre histoire.
Avant d’être adulte, Evemarie a été enfant et ado. Une gamine charmante, mais qui n’aimait pas trop l’école (les maths surtout) et qui préférait rêvasser pendant les exercices de grammaire. À force de multiplier les échecs scolaires, ses parents ont fini par la caser dans une école privée catholique où, outre un choc culturel, la discipline de fer inique a fini de la dégoûter de toute forme d’autorité. Arrivée péniblement au lycée, elle trouve finalement le salut en Belgique, à l’Institut Saint-Luc. Dessin et liberté sont les seules contraintes. Enfin, elle est à sa place et peut s’épanouir. Quel destin, quelles épreuves, quelle leçon de vie ! Pour soutenir ce programme édifiant, le tout est raconté avec moult gags et à l’aide d’un trait sympathique. La consolation est réelle, mais bien maigre.
Récit intime comme il en existe beaucoup, L’école est finie ne se distingue en rien des autres productions du genre. Une famille aimante et compréhensive, une grande sœur complice, ce qu’il faut de persévérance et de chance, et tout devient possible pour celle (ou celui) qui croit en son talent. M’ouais, même la morale ne casse pas des briques en fait.