Le 22/03/2026 à 14:34:44
De l’abondante production de Scott Snyder en indépendant ces dernières années, il s’agit de ma dernière lecture en date et je n’ai pas adhéré à l’idée originale à la base de cet album. Elle m’a laissé sur un sentiment d’overdose. Il y a un côté Guerre des mondes, un côté Stranger Things aussi, il y a un peu de tout à vrai dire, tant de références éparses que je ne saurais trop dans quelle catégorie ranger ce récit (Duck and Cover 2023, #1-4, publié en VO par Best Jackett Press / Comixology Originals). L’histoire débute tranquillement en pleine Guerre froide avec des adolescents qui se chamaillent. Et là, c'est le drame ! L’histoire s’accélère et évoque tout d’abord la piste d’une menace nucléaire soviétique, puis finalement celle d’une invasion extraterrestre, avant d’alterner à toute allure entre l’horreur, la science-fiction et enfin le western. On passe d’un genre à l’autre à chaque nouvel épisode, certes de manière parfaitement assumée par l’auteur, et je n’ai pas accroché à ce concept. Il y a bien un propos de fond intéressant sur les affres de l’adolescence et Snyder a sans doute révisé sa culture cinématographique des années 50 qui sert de support à son histoire, mais le tout manque de sérieux. J’ai en revanche apprécié le dessin de Rafael Albuquerque, déjà admirable sur le titre Huck, sans pour autant que cela ne me fasse aimer l’album. Les planches sont belles mais, dès que le fantastique y pointe le bout de son nez – ou, en l’occurrence, de ses tentacules –, je lis de manière distante.Le 20/03/2026 à 00:27:07
On se situe dans l’Amérique des années 50 où l’on enseignait aux élèves à se cacher sous leur bureau en cas d’attaque nucléaire. On pourrait sans doute faire de même aujourd’hui face à certaines menaces évoquées par la Russie et Poutine; mais l’idée de se mettre à l’abri sous une table paraît illusoire face à une éventuelle annihilation de l’espèce humaine, même dans une capitale comme Paris. Les scènes d’action manquent parfois de dynamisme, ce qui peut affaiblir la crédibilité du récit. Toutefois, la lecture reste accessible et semble lorgner vers les classiques de la science-fiction, à commencer par La Guerre des Mondes d’H. G. Wells. Bref, c’est totalement assumé! Le dessin est fin et précis, et l’ensemble s’accorde bien à l’ambiance SF et rétro du comics. L’harmonisation des styles, tout en conservant une relative cohérence, contribue au charme visuel et au ton du récit. Ce comics mêle rétroSF et critique sociale avec efficacité: il force la réflexion sur les peurs collectives et les mécanismes de propagande tout en offrant une lecture fluide et immersive. Après avoir lu ce récit, je me dis que, face à une menace nucléaire ou une invasion extraterrestre, la meilleure stratégie serait peut-être de faire comme dans les années 50 : se cacher sous la table… sauf qu’à Strasbourg, même ça, ça paraît un peu vain, surtout si Poutine décide de se servir d’un missile balistique pour tester la solidité de nos meubles. Peut-être qu’au lieu de se boucher les oreilles, il faudrait simplement se préparer à rire jaune… ou à faire un selfie avec l’alarme nucléaire en fond, histoire de garder un souvenir de l’époque où l’on croyait encore qu’un simple petit dessous de table pouvait nous sauver!BDGest 2014 - Tous droits réservés