Info édition : Noté "Première édition". Cahier graphique de 8 pages inclus dans la première édition
Résumé: Le cycle '' Donjon Zénith '' se poursuit sous le trait du talentueux Boulet. À l'honneur dans ce nouvel album, le couple Isis - Herbert a fort à faire...
Pas le temps de faire son deuil, Herbert assume avec sérieux ses nouvelles fonctions de suzerain. Si le jeune canard est fidèle à son optimisme habituel, son épouse Isis, plus lucide et pragmatique, sait bien que cette apparence de succès cache de nouvelles difficultés. Quand on est au pouvoir, les menaces sont nombreuses, qu'elles viennent d'ennemis, ou même des proches...
H
erbert est désormais aux commandes du fief familial. Par contre, diriger le duché de Canard-Ville n’est pas une mince affaire. Il a l’idée de confier à nouveau à son père la charge des affaires courantes, particulièrement en vue des négociations avec les puissantes neuf familles de la région. Que craindre à laisser se débrouiller des clans qui ont fait de la traîtrise et du complot un mode de vie. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? À propos de machination, Isis et Elyacin ont le malheur de ne pas entrer dans le plan «prestige» de la duchesse (la mère d’Herbert donc) et il se trouve qu’elle est aussi une maîtresse empoisonneuse. Résultat, ce retour au bercail n’est pas spécialement marqué par l’harmonie. Est-ce suffisant pour tout laisser tomber et reprendre sur la route ?
Continuer à (un peu) surprendre, éviter de (trop) se pasticher et, si possible, ajouter assez de nouveauté afin que le lecteur de longue date en ait pour son argent. Ainsi pourrait se résumer le sacerdoce volontaire qu’est devenu Donjon. Les méandres du pouvoir démontre que Lewis Trondheim et Joann Sfar en ont encore sous le coude. Évidemment, les enjeux sont maintenant tout autres puisque la situation de Terra Amata est stabilisée. À la place de la grande aventure, la gestion du quotidien a pris le dessus. Heureusement, ce changement d’échelle n’empêche en rien la castagne, la rigolade et les emportements divers. Louvoyant habilement entre ce qui s’est déjà passé et ce qui se passera, les scénaristes ont tissé un récit à plusieurs étages et truffé de rebondissements. De plus, ils annoncent une sorte de reboot au fil des pages et terminent le tout sur un cliffhanger des plus réjouissants.
Aux pinceaux, Boulet a répondu présent et offre de très belles planches très denses, ainsi que de nombreuses grandes cases pas moins admirables. Pour les remplir, il n’a pas eu de difficulté du fait de la distribution pléthorique imaginée par ses compères. Nobles de fin de race, damoiselles un peu trop certaines de leurs charmes, le gang habituel (gros coup de cœur pour Elyacin), le créateur de Raghnarok avait de quoi alimenter son inspiration. Cerise sur le gâteau, il n’hésite pas à en ajouter une couche ou deux. Comme il s’agit d’un univers anthropomorphique et de créatures fantastiques, ce n’est pas très grave, aucune sensibilité ne risque d’être froissée par un trait forcé ou une caricature trop appuyée.
Après une partie introductive qui peine à se mettre en place, Les méandres du pouvoir trouve son rythme et finit même en beauté avec une succession de scènes remplies de gags bien idiots comme il faut et de moments plus sérieux, voire graves. En résumé, ce tome onze de Donjon Zénith est un bon cru. Suite au prochain numéro !
Les avis
minot
Le 31/01/2026 à 10:07:25
Un bon album, qui permet de refermer le cycle "Reconquête de Vaucanson". Etrangement peu porté sur l'action (bon, il y a quand même quelques mandales distribuées par Herbert et Marvin qui se perdent ...), l'album montre principalement comment Herbert gère le pouvoir une fois remonté sur le trône du duché de Vaucanson. Evidemment, notre canard éternellement optimiste et gaffeur s'y prend comme un manche et déclenche sans le vouloir une sacrée pagaille au sein de son duché, ce qui conduit à des situations fort drôles. Entre familles de nobles toujours prêtes à comploter contre leur suzerain, courtisanes usant de leurs charmes et entourage d'Herbert peu fiable, notre canard n'a pas fini de galérer pour diriger son duché !
Un épisode au final très réussi, qui fait avancer efficacement l'intrigue générale de la série autant qu'il nous fait rire, et toujours impeccablement illustré par Boulet, dont le trait à la fois souple et très expressif convient parfaitement à cette branche de "Donjon Zénith".