Le 04/03/2026 à 07:36:57
Il s’agit d’un roman de Georges Simenon, l’auteur célèbre pour sa série du commissaire Maigret, mais qui, durant sa période dite « dure », a aussi écrit des histoires s’écartant quelque peu du genre policier. Ici, il s’intéresse à une chronique sentimentale se déroulant dans la Turquie des années 30, en pleine mutation sous l’influence d’Atatürk, qui cherche à occidentaliser une société encore profondément ancrée dans ses traditions. L’histoire suit un employé plutôt mélancolique de l’ambassade de France, qui tombe amoureux d’une danseuse hongroise sans papiers. Celle-ci, profitant de ses sentiments, l’entraîne dans le tourbillon de la vie nocturne d’Istanbul, entre rencontres parfois vaines et situations ambiguës. La ville, riche en contrastes et en atmosphères coloniales, sert de décor à cette relation fragile et volatile. Le trait du dessin, plutôt épais, contribue à donner du poids et de la présence aux personnages, renforçant cette ambiance pleine de tension et de nostalgie. La représentation graphique, associée à une colorisation délicate, parvient à capter la dualité de cette cité en mouvement, entre tradition et modernité. Cependant, malgré la beauté de l’environnement et la richesse des personnages, je n’ai pas été entièrement séduit par cette lecture. Le récit, souvent teinté de morosité, explore une facette sombre de la nature humaine, examinant avec une certaine crudité la manière dont les individus réagissent face à des situations difficiles ou désespérées. Ce ton pesant et l’atmosphère souvent glauque peuvent déstabiliser ou rebuter ceux qui préfèrent des histoires plus légères ou optimistes. En conclusion, cette œuvre de Simenon, bien que profondément intense et riche en questionnements sur les relations homme-femme, ne m’a pas totalement convaincu. Pour ceux qui aiment les récits où la psychologie et l’ambiance prédominent, cette œuvre mérite d’être découverte, même si elle ne me laisse pas une impression totalement positive.Le 07/04/2025 à 16:44:17
Rien … il ne se passe rien ! Cette suite sans queue ni tête de bamboche turque à laquelle se joint un aristocrate français de fin de race n’a aucun intérêt.Le 05/04/2025 à 14:23:42
Un jour soir à Ankara, Bernard de Jonsac, noble désargenté, mais ayant ses entrées à l'ambassade de France, rencontre Nouchi, jeune fille d'origine hongroise qui hante les bars et les nuits, déambule dans les rues. En quête de quoi ? D'un bon parti, peut-être. À défaut, d'un repas gratuit. Bien sûr, elle n'est pas la plus jolie. Elle ferait même pâle figure face à ses coreligionnaires, plus mûres, plus expérimentées, plus élégantes. Tant pis. Elle saura se montrer enjôleuse, séduire à sa façon, en jouant du mystère, et de son air d'innocence. Les clients d'Avrenos est le récit de leur rencontre et de leur parcours, tantôt côte à côte, tantôt éloignés par les remous et autres aléas d'une existence instable. Au fil de leurs déambulations, ils croiseront des personnages étonnants, navigueront dans des milieux quelque peu interlopes, prendront part à des somptueuses fêtes. Et parfois tomberont des nues. "Ici, on laisse couler la vie. Elle est plus forte que nous." Ces mots, lâchés en fin d'album dans un salon feutré, résument bien l'histoire de Nouchi et Jonsac, voire, à tout prendre, l'œuvre entière de Simenon. Souvent, dans les romans de l'écrivain belge, les décors et les personnages ont bien plus d'importance que l'intrigue. La fin n'en est pas vraiment une. Tout reste flou. Cela, Fromental l'a bien compris, lui qui relègue ses héros au rang de spectateurs. Et Mattiussi également, elle qui, loin des ambiances brumeuses généralement associées aux enquêtes de Maigret, s'empare avec volupté de la Turquie et de sa chaleur. Le dessin surprend, au premier abord. On s'y perd bien vite. Entre un trait semble-t-il hésitant et des couleurs flamboyantes, l'immersion est pourtant totale. Mais le voyage doux-amer.BDGest 2014 - Tous droits réservés