Le 19/02/2025 à 16:55:56
Comme souvent ces dernières années avec Mark Millar, ses projets chez Image Comics / Netflix sont présentés comme des mini-séries qui peuvent, à la faveur du marché, connaitre une suite inattendue des années plus tard (The Magic Order, Prodigy ou Nemesis pour ne citer que les dernières suites du Millarworld parues en français). Chrononauts est également de celles-ci et, le moins que je puisse dire, c’est qu’elle n’était pas indispensable (Chrononauts: Futureshock 2019, #1-4). Dans le premier tome, deux physiciens un peu dingos se lançaient dans une longue course-poursuite dans le passé créant des situations plus loufoques et anachroniques les unes que les autres. Mais dans ce second tome – dont le scénario se déroule cette fois-ci dans le futur –, le ton a changé. À l’exception du premier numéro, qui laissait encore présager une histoire légère, les épisodes suivants se montrent bien plus sérieux voire moralisateurs. Certes, il s’agit toujours de voyager dans le temps à cent à l’heure et le paradoxe temporel reste un sujet intéressant à exploiter mais il ne me paraissait pas nécessaire de politiser l’exercice. Surtout avec ces "questions profondes et fondamentales" – dixit le propos introductif de l’éditeur – alors qu’il ne s’agit que d’une bête caricature de l’extrême-droite bien peu originale… Par ailleurs, la série a perdu au passage son principal atout en la personne de Sean G. Murphy, désormais occupé à œuvrer sur l’univers du Batman : White Knight. L’introduction a beau jeu de louer le talent du dessinateur qui le remplace, Eric Canete – dont le style se rapproche de celui de Murphy sans en avoir cependant la précision et le détail –, elle ne dupera nullement le lecteur. Tant pour son scénario que pour son dessin, ce second tome restera donc dans l’ombre du premier.BDGest 2014 - Tous droits réservés