Résumé: Saint-Roustan, une ville qui n'existe pas mais qui ressemble pourtant à tant d'autres, avec ses traditions, ses célébrations, et certains habitants décalés voire complétement détraqués... Avec cette adaptation en bande dessinée des chroniques méchamment drôles de Pierre-Emmanuel Barré sur radio Nova, les Rassilariennes et les Rassilariens gagnent enfin leurs lettres de noblesse...
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i]Deus quoque non est telle est la devise de la ville imaginaire de Saint-Roustan, que les auditeurs de Radio Nova ont pu découvrir il y a un an. Sortie de l’imaginaire fécond de Pierre-Emmanuel Barré, cet endroit est un haut lieu du n'importe quoi, permettant à l'humoriste de fustiger la société, la classe politique et ses comparses Guillaume Meurice et Aymeric Lompret. Surfant sur le succès, les éditions Delcourt proposent une déclinaison de plusieurs chroniques sous la forme d'une bande dessinée.
Ainsi, les textes coécrits par Barré et Arsen se voient adaptés par Relom. qui opère quelques modifications, au passage. Par exemple, dans le premier chapitre se déroulant durant l'édition hivernale du "Saint-Roustan plage", une grande place est accordée aux habitants qui se sacrifient (au sens premier) pour le bien de la tradition, ainsi qu'aux échanges entre le maire et sa secrétaire sur les bienfaits du calendrier. En guise de transition entre les chroniques, le scénariste propose une page du faux journal La Gazette de Saint-Roustan pour complète le propos, en alternance avec les interventions d'Eric Lampré, l'alter-ego du souffre-douleur et ami de Barré. L'ensemble fonctionne mais ne parvient pas à égaler l'original. La puissance du phrasé d'Emmanuel Barré conjugué à son débit et à son ton manque ici. Les lecteurs retrouvent le côté acerbe et mordant par moment mais pas de manière constante.
Quatre dessinateurs sont à l'œuvre dans cet opus. Loïc Chevallier propose quelques illustrations et les extraits de la Gazette. Au passage, les lecteurs reconnaitront Juliette Arnaud, autre membre de l'équipe de Meurice. Le style réaliste de Damien Geffroy est plaisant et accompagne bien le ton du comique sur plusieurs chapitres. Quant à Étienne Le Roux, il a su rendre à Nadine Razillac ses accents de sainteté, avec un style semi-réaliste et déjanté qui colle parfaitement à cette légende bien crado (âmes sensibles s'abstenir). Enfin, Relom donne vie à Lampret/Lompret, l'égratignant d'un trait caricatural en guise d'hommage au ridicule assumé du personnage.
Ce premier tome des Chroniques de Saint-Roustan permet d'avoir en images les meilleures interventions de Pierre-Emmanuel Barré diffusées dans la première saison de La Dernière sur radio Nova. Dommage que la saveur de la matière initiale s'évapore un peu au passage. Un album qui ne fait pas Schtoutz mais à réserver aux Rassilariens.
Les avis
ToOoA
Le 27/11/2025 à 10:10:18
Reprise des chroniques de Saint-Roustan de Pierre Emmanuel Barré dans l'émission La Dernière sur radio Nova.
La BD les illustre sans y ajouter autre chose. J'aurais peut être aimé qu'elle aille un peu plus loin, mais il faudra se contenter d'une mise en image du village qui n'existe pas et de ses habitants complètements cons.
fifou75
Le 09/11/2025 à 20:22:49
Je n'ai pas spécialement adhéré. L'album est un peu trop lourd pour moi. J'avais espéré y retrouver l'esprit des chroniques radio mais la magie c'est envolée. La voix de Pierre-Emmanuel Barré manque pour donner le ton.