Résumé: Paris vaut bien une mèche... Thibault est un jeune homme idéaliste, amoureux de l'amour. La mèche au vent, il présente avec son ami Alaric un numéro de suggestion mentale qui amuse follement les badauds du Pont Neuf. Henri, lui, est un Roi comblé : la mèche du cierge qui a célébré sa dernière conversion a été la bonne - le voici enfin dans sa capitale. Reste à séduire Parisiens et Parisiennes. Un étalage de ses qualités athlétiques fera l'affaire, s'il n'est pas gâché par d'incessantes envies pressantes. Mathilde, suivant la prédiction de sa sorcière de tante, parcourt Paris à larencontre du galant, saltimbanque ou monarque, qui saura allumer la mèche deson tempérament de feu. Quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins que si Paris vaut bien une mèche , encore faut-il trouver laquelle.
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enri IV a fort à faire. Bien décidé à poursuivre sa vie de débauché à la capitale, il doit se résoudre à recourir à un médecin, puisque le membre royal le fait souffrir. Malgré son talent, le praticien échoue et doit se faire violence : pour guérir le monarque, il lui faut l'aide d'une guérisseuse. Hélas, la mèche fonctionne mais le procédé est fort douloureux. Sur le Pont-Neuf, Thibault amuse les badauds avec ses tours d'hypnose. Et si cela pouvait être la solution pour soulager le premier homme de France ?
Philippe Charlot poursuit son exploration des soucis gênants des grands de ce monde. Après s'être penché sur Le royal fondement de Louis XIV, il porte dorénavant son intérêt sur la rétention urinaire d'Henri IV. En bon Béarnais d'adoption, le scénariste a pris soin de respecter la sulfureuse réputation du Vert galant, particulièrement les infections sexuellement transmissibles que ce monarque a collectionnées. La rétention, gênant la débauche royale, constitue le point de départ d'un récit rythmé, qui entraîne le lecteur dans le Paris de la Renaissance où le pouvoir central demeure très fragile. Ce dernier aspect est traité en filigrane, au départ par des allusions dans les dialogues et davantage à partir de la vengeance du confesseur catholique. Ce personnage pense que la conversion du prince de Navarre n'est que façade. C'est pourquoi, il met au point un plan pour humilier Henri et s'en débarrasser. L'entrecroisement avec une intrigue parallèle permet de mettre en place les trois autres protagonistes qui auront leur importance à la fois dans le traitement et dans le dénouement de l’histoire. L'auteur distille des petites doses d'humour, en respectant le ton grivois qui sied aux récits de cette période. Le tout sur un rythme qui n'est pas sans rappeler le théâtre de Molière.
Les dessins d'Eric Hübsch donnent une allure moderne aux figures historiques, tout en faisant en sorte qu'elles soient reconnaissables. Son trait semi-réaliste contribue à appuyer le ton tragicomique tandis que le découpage confère une allure rapide à l'intrigue.
Cocasse et parfois amusant, La chandelle du bon Roy Henri est une lecture adressée aux amateurs des dessous croustillants de l’histoire de France.