Le 07/03/2026 à 18:30:12
On attaque la partie du run qui a été la plus sous-évaluée par les lecteurs et que certains conseillaient de sauter. A la relecture, si on a pas le niveau surtout des 50 premiers numéros peut-être plus speed, plus grand, on garde un niveau supérieur à des fins de runs pourtant conseillés de Batman, Spider-Man ou X-Men. Surtout, malgré quelques parties qui ne seront pas exploitées, le tout reste très cohérent mis surtout couvre un peu toute la gamme de ce que peut proposer une série Captain America. En effet avec le retour de Steve Rogers, on va basculer sur de la SF comme pour reborn. Cependant la fin du parcours de Bucky restera dans le giron de l'espionnage et du noir. Steve Rogers est donc de retour mais il ne reprend pas le bouclier par rapport à une vision du futur qu'il a pu glaner dans son parcours temporel. Bucky reste Captain America et avec Falcon, ils vont de nouveau lutter contre le Captain America des années 50 qui s'est allié aux Watchdogs, une milice d'extrême droite crée par Mark Gruenwald. Je m'avance un peu sur le souvenir que j'ai du prochain omnibus mais cela fait partie avec Crossbones, Scourge et D-Man des seules références directes au run ce dernier qui me semble moins référencé que tout ce qui vient avant lui (Stan Lee, Jim Stéranko, Steve Englehart, Jack Kirby, Don Glut, Steve Gerber ou J.M. Dematteis). Je ne tiens pas à effrayer le non connaisseur car tout passe crème, Brubaker faisant siennes toutes ces influences et ses concepts qui peuvent sembler venir de lui pour un non initié. C'est peut-être l'arc le plus dans l'actualité du run qui aura une petite polémique avec des références au Tea Party qui viendraient soit disant du lettreur (à la lecture, on en doute). L'aventure ne se termine pas comme le voudrait Barnes, ce qui va appuyer son syndrome de l'imposteur. Cela tombe mal car c'est le moment où Zemo frappe avec l'aide de Sin. Il refuse que Barnes puisse ne pas avoir de compte à rendre. Le passé de notre héros est révélé au grand public. Le gros de ces arcs est dessiné par Jackson Guice (Luke Ross venant en relais) qui va parfois aller sur le terrain de Steranko (espionnage pop psyché) (surtout quand il s'encre) puis parfois sur du Jack Kirby plus super-héroique (encré par Rick Magyar). Une mini-série Steve Rogers : Super-Soldier dessinée par Dale Eaglesham nous fait une pause dans les péripéties de James Barnes. Steve Rogers est devenu Directeur du SHIELD, il part sur les traces du petit-fils d'Erskine, inventeur du sérum du super-soldat qui aurait recréer la formule et la vendrais au plus offrant. Le scénariste remet la mini série Adventures of Captain America : Sentinel of Liberty (Mini série qui modernisait les origines du personnage pour ses 50 ans)dans la continuité par le personnage de Cynthia Glass. On est sur une aventure à la James Bond qui aussi relie à son travail sur Secret Avengers. Cela me permet de regretter que Secret Avengers et Marvels Project ne soit pas dans les Omnibus car on voit que tout est lié dans son esprit. Même si justement ce seront ces intrigues qui resteront sans réponses au départ du scénariste de chez Marvel. Jackson Guice revient pour le procès de Bucky. En effet, le monde sait qu'il fut le Winter Soldier et il doit répondre de ses crimes. Cependant Sin s'est évadée et ne va pas manquer de faire parler d'elle avec Master Man. Un arc court qui permet aussi de faire fonctionner la nouvelle Cap-Family et d'amener au dénouement. En effet, l'ac suivant sera découpé en 3 aventures: -Barnes est au goulag en Russie et doit survivre à des combats truqués par Mike Deodato, -Black Widow et Sharon Carter enquêtent en Russie sur ce qui peut amener le pays à réclamer Barnes, -Steve Rogers enquête sur ce que le gouvernement US a pu obtenir par Samnee. Toutes ces intrigues sont habilement menées et convergent évidemment pour le final explosif! On enchaine ensuite sur le relaunch de la série par Ed Brubaker avec Steve McNiven et Alan Davis. C'est assez surprenant car un éléments essentiel ne sera présent que dans le futur omnibus sur le destin de Bucky. Là aussi, le découpage de Marvel US est assez bizarre. On part sur une histoire qui mêle certes le SHIELD mais qui est plus de la SF que ce que pouvait être le premier volume en ramenant par exemple la Madbomb ou l'Ameridroid mais aussi un personnage du golden age très Little Nemo. Ca va à 100 à l'heure; McNiven était pour une fois trés dynamique en puisant un peu dans un style à la Moebius. Le méchant de Super-Soldier revenait et là aussi neutralisait le sérum. Cela fait un peu redondant dans le même omnibus mais permet de voir que le scénariste a un plan et va au bout de ses idées (enfin pas toutes comme je le disais plus haut mais on voit que le départ s'est précipité). Des courts récits sont aussi là pour fêter les 75 ans du personnage avec Howard Chaykin, Kyle Higgins, Paul Grist, Ed McGuiness et d'autres. On peut constater que Ed Brubaker aura bien différencié la partie Barnes et la partie Rogers (y compris dans Secret Avengers) avec des intrigues mélant plus la science fiction pour le second tout en gardant une base espionnage. Cette partie reste riche y compris pour Bucky qui va au bout de sa quête de rédemption. Certes il manque l'effet Waouh des 50 premiers numéros mais tout cela reste parfaitement maitrisé et mérite qu'on s'y intéresse. Brubaker montre aussi qu'il connait bien la mythologie du personnage et il l'utilise pleinement, puisant allègrement dans des périodes classiques et les remettant au gout du jour. Le run est ainsi un parfait point d'entrée pour le lectorat du 21ème siècle.BDGest 2014 - Tous droits réservés