L
e jour de ses treize ans, Mina apprend que sa famille est la gardienne d’un monde magique, établi dans l’arrière-boutique de la jardinerie tenue par son grand-père. Maladroite, la jeune fille y sème le chaos, puis libère un gossipi, lequel provoque du tumulte dans le village.
Autre temps, autres peurs, Le bazar bizarre renouvelle le récit de sorcellerie en mettant en scène une faune se nourrissant des nouvelles terreurs, par exemple l’anxiété sociale et les ragots. L’idée de Valentine Venegoni est intéressante. La scénariste a de l’imagination à revendre et beaucoup de choses à raconter, peut-être trop.
Ce premier tome se montre confus. Entre les préoccupations d’une gamine au tempérament fleur bleue, la découverte d’un microcosme étrange, l’évasion des bêtes, la possibilité que la fillette ait des pouvoirs, un héritage fait d’animosité envers les animaux fantastiques et une famille rivale... n’en jetez pas plus, la marmite de la sorcière est pleine. Pour tout dire, l’autrice aurait gagné à se donner plus de temps pour établir les bases de sa mythologie.
Cela dit, les jeunes bibliophiles s’identifieront sans mal à des personnages qui leur ressemblent avec leurs préoccupations contemporaines. Ils rêveront du reste d’adopter un mignoignon, une mandragueuse ou encore une stressouris.
Le dessin semi-réaliste d’Ofride constitue la force de ce projet. Le trait, tout en rondeurs, installe une atmosphère féérique. Les créatures, insolites et attachantes, sont particulièrement réussies. L’artiste relève le défi de faire cohabiter la banalité du quotidien avec un univers imaginaire. Le contraste, saisissant, s’avère très réussi. De l’ensemble se dégage une personnalité visuelle forte qui devrait plaire aux préadolescents.
Une histoire, un peu brouillonne, s’apparentant davantage à un long prologue qu’à un véritable récit.