Résumé: Alphonse est au chômage depuis trop longtemps, il a décidé d'accepter tous les jobs qui lui sont proposés. Mais ils sont tous plus surprenants les uns que les autres et la maladresse d'Alphonse ne va pas aider !
Il paraît qu'il faut traverser la rue pour trouver du travail.
C'est ce que fait Alphonse, bien décidé à accepter le moindre emploi pour gagner un peu d'argent et se sentir moins inutile et moins dépendant des aides sociales. Il devient tour à tour branleur de dindons, employé chez un thanatopracteur, faiseur de file d'attente, nettoyeur de scène de crime, employé dans un fast-food, renifleur d'aisselles ou dresseur de tétons. Il donne même des cours d'anglais à de dangereux criminels en prison.
Mais, par maladresse ou par malchance, Alphonse s'avère incapable de garder ses boulots qui sont souvent plus extravagants les uns que les autres. Mais Alphonse les accepte tous sans rechigner, ce que lui reproche parfois son amie Louise, une jeune femme au caractère affirmé.
U
ne chance pour se réinventer, se réorienter vers ses passions, le chômage, c’est aussi oppressant et désespérant. Décidé à se ressaisir, Alphonse prend le taureau par les cornes et désormais accepte toutes les propositions que son agence d’intérim lui propose. Il faut bien manger et il en va de sa santé mentale. Comme disait l’autre, il suffit de traverser la rue. Faites quand même attention à bien regarder à gauche et à droite avant de vous engager.
Alphonse – La gueule de l’emploi aurait pu être un brûlot rigolo à propos des emplois précaires, un récit acide sur les métiers zarbi ou une fable façon Monsieur Hulot. Philippe Pelaez a certainement eu ces éléments en tête en imaginant les péripéties de son héros. Malheureusement, sa réflexion semble s’être arrêtée en chemin. Personnage principal sans accroche, historiettes mal fagotées dans lesquelles les gags se font rares ou sont téléphonés et chutes mollassonnes, le résultat s’avère décevant. Format court mal adapté ? Peur de ruer franchement dans les brancards ? Le scénariste n’a pas trouvé la bonne distance et le bon angle afin de traiter son sujet et n’obtient en guise de récompense que quelques sourires de politesse plutôt que les éclats de rire attendus.
Nouveau venu en provenance du monde de l’illustration et du multimédia, Pascal Valdés s’est adapté immédiatement au langage de la BD. Trait rapide, évidemment très «cartoon», mise en page dynamique et un bon coup de crayon pour les rictus et les attitudes qui en disent long, les planches se détaillent avec facilité et pas mal de plaisir. La mise en couleurs très actuelles accompagne efficacement les déambulations professionnelles désastreuses de ce quidam finalement sympathique dans sa déveine continuelle.
Très – trop – convenu et sans doute trop gentil vu le contexte, Alphonse – La gueule de l’emploi ne décroche pas de CDI. L’album permet néanmoins de découvrir un dessinateur au style plaisant et à la technique sans faute.