Résumé: Ayant perdu goût à la vie suite au décès de son épouse, Fumiyo Kagari, un vieil artisan vitrailliste, reçoit un jour la visite de sa petite-fille Akari, dont il n'avait plus aucune nouvelle depuis des années. La fabrication de vitraux va leur permettre de nouer des liens, jusqu'à une révélation inattendue...
D
ans son atelier, Fumiyo Kagari découpe des morceaux de verres pour les assembler, cependant le cœur n’y est plus depuis le décès de son épouse. Ne pouvant envisager de nouveaux projets, il annonce la cessation de son activité à ses apprentis vitraillistes médusés. Peu après, en revenant des courses, il aperçoit une jeune femme occupée à regarder fixement sa maison. Ne serait-ce pas Akari, la petite-fille qu’il a à peine connue ? Tout heureux, le vieil homme accueille sa visiteuse avec empressement. Au fil des jours, les liens se tissent à mesure que des vitraux prennent forme. Mais, le cœur d’Akari pèse de plus en plus : pourra-t-elle un jour avouer son secret ?
La couverture du premier manga publié en France par Marco Kohinata attire le regard : coupée de biais, elle juxtapose une étendue enneigée immaculée et une bâtisse aux tons gris éclairée par la minuscule lumière d’une lampe ; au milieu, deux personnages se regardent à distance. Cette composition délicate annonce déjà la subtilité du graphisme que les lecteurs découvrent ensuite. Le trait, en effet, se révèle léger et possède un arrondi conférant un effet doux, presque ouateux ou flouté aux contours. Il souligne les émotions, celles qui affleurent autant que celles qui sont retenues. Surtout, le graphisme cherche à rendre au mieux les jeux de lumière à travers le verre.
Le travail de ce matériau est au cœur d’un récit qui évoque d’une part la transmission d’une technique artisanale et, d’autre part, les liens qui se tissent entre des êtres qui se connaissent à peine. Car s’il est question de famille, celle-ci n’a rien d’un noyau soudé. Ainsi, la maladresse, les tâtonnements et les non-dits dans les interactions entre Fumiyo et Akari prennent une dimension singulière, faite de pudeur et de timidité et d’apprivoisement qui se construit à petits pas. Ce rapprochement, tout en délicatesse, agit comme un catalyseur pour l’artisan, l’amenant à se confronter à un passé conflictuel avec les siens et à renouer avec eux. Enfin, elle offre une réflexion sur l’importance du soutien familial et sur le poids que les attentes des parents peuvent faire peser sur leur progéniture.
Narrant avec justesse la subtilité des relations humaines, Akari est, à l'instar des vitraux, une œuvre lumineuse et poétique.